Nous étions là, innocents et novices dans cet art sans nom dans lequel nous excellons maintenant.
Il y a eu tant de choses, plaisantes ou non, ces choses que chacun a connu, à sa façon, ces choses de la vie de tous les jours. Le réveil le matin, la bise devant l'école, les "salut" par-ci et par-là, la sonnerie qui sonne. On sera en retard. Mais un sourire, un « désolé » et on rentre en classe.
Et puis les cours, ennuyeux ou passionnants, drôles ou banals. Selon les jours, selon l'humeur.
Les amitiés qui se créent, les regards qui s'apprivoisent, les groupes qui se forment. C'est ça, une classe. Ça l'a toujours été.
Mais plus que tout cela, il y a ce qui nous est propre. Ce que seuls nous pouvons nommer ou désigner. Des contraintes communes, des horaires qu'on partage, des profs bien sûr. On s'échange un mot en cour, un trait d'humour, un rappel, peu importe. On se retourne vers le voisin de derrière, on lui demande une colle. Qu'il n'a pas. Lui non plus. Le premier rang prend des notes, le prof s'assoit sur ses tables. Et le reste bavarde, s'échange les dernières nouvelles. Quelqu'un dans la classe qui veut écouter, n'y arrive pas, s'écrit « CHUT ! SEKTOUNA ! », alors tout le monde se tait. Et pendant une seconde éternelle, se concentre et note.
Il y a des endroits où on a passé les heures d'absences d'un prof, les heures de sèche, à rire pendant des heures, hystériques, mélanger à la peur d'être retrouver par «Si Lkhlil».
Des couples se forment et se déforment, et les bouches commères se moquent, aux oreilles excitées.
Mais tout va bien. Les notes suivent ou ne suivent pas, on se soutient, on est là pour ça. On se prête les exercices, on râle parfois, que ce soit toujours les mêmes qui travaillent pour les autres. Mais au fond, c'est comme ça que ça marche. Alors on rit. Comme d'habitude. Parce qu'on ne fait que ça. Rire, rire et rire encore, pour rien, pour tout, pour des choses qui dans un autre contexte, avec d'autres personnes, nous auraient simplement fait lever un sourcil.
On se retrouve parfois, quelques part, où chacun se découvre un peu différent. On danse, on apprivoise des chansons, qui seront nos chansons, toute l'année. On s'agace mutuellement, un peu. Mais ça crée des souvenirs, des commérages. Et le lendemain, on s'appelle, on critique, on juge. Et puis le lundi matin, on se retrouve, un peu changés, mais finalement bien plus soudés.
Et à la fin, il y a toutes ces chansons, toutes ces répliques, tous ces lieux, tous ces souvenirs qui ne sont qu'à nous, que d'autres saliront bien sûr, mais sans y rien comprendre.
La fin de l'année est si dure. On se rend compte de ce qu'on n'avait pas compris. Que quand même, « nous », c'était quelque chose, et quelque chose d'important. Alors on reconnaît les visages, on leur sourit, on s'excuse, sans se le dire. On regrette. Et puis, puisqu'il le faut, on vit. Un peu plus fort le dernier soir. On s'embrasse, on se serre, c'est dommage que ce soit fini.
Mais on se reverra bientôt.
DESOLE D'AVOIR ACCEPTER TOUS MES CAPRICES MALGRES VOUS
DESOLE SI JE VOUS AI FAIT LE MOINDRE MAL
JE VOUS AIME